Historique

Historique 

par Pierre Back, Vice-Président FMNL

Depuis toujours les hommes ont ressenti le besoin de s’entraider en cas de danger ou de misère et de soulager les moins favorisés frappés par toutes sortes d’adversité.

 La mutualité est née d’un grand mouvement de solidarité. Il n’est certainement pas exagéré d’affirmer que la mutualité apparaît comme la forme la plus ancienne de la solidarité organisée. En effet, les hommes ont toujours essayé de se protéger contre tout ce qui menaçait leur existence et notamment contre la maladie et l’invalidité.

Au Grand-Duché de Luxembourg on estime que les premières sociétés de secours mutuels ont été créées à partir de 1849. Elles ont pour buts principaux l’octroi d’une aide financière aux membres en cas de maladie, la prise en charge des frais de funérailles, l’octroi de secours à la famille en cas de décès. Elles sont nées dans une atmosphère de grande crise économique et sociale et dans un contexte de chômage. Le moment s’avère encore plus significatif si l’on considère la constitution de 1848 qui, pour la première fois, garantit les libertés fondamentales et notamment le droit d’association. Une situation nouvelle se développa avec la révolution industrielle à partir de 1865 – 1875 par l’apparition d’un nouveau type d’ouvrier, le mineur et ouvrier d’usine, le « Schmelzarbechter». Devant l’aggravation des conditions de vie des ouvriers de la sidérurgie et la carence du patronat, l’Etat fut obligé d’agir.

En effet, les premières mutuelles parmi eux le « Handwerker-Unterstützungs-und Fortbildungsverein» Fels fondé en aout 1879 et la «Allgemeine Fürsorgekasse des Großherzogtums Luxemburg» anciennement «Luxemburger Sterbekasse» 1880, avaient forcément une vie dure et précaire. Non seulement leurs moyens financiers étaient très limités, mais en plus les sociétés étaient sans guide et sans conseil. Si le Gouvernement voulait s’appuyer sur les mutualités pour protéger les travailleurs contre les vicissitudes du sort, il fallait procurer à ces sociétés d’un côté des conseils pratiques d’administration et d’un autre côté une aide matérielle efficace pour les mettre en mesure de jouer le rôle qu’on désirait leur attribuer sur le plan social.

Le 11 juillet 1889, le Grand-Duc Adolphe sanctionnait la première loi concernant les sociétés de secours mutuels, loi qui reconnut enfin le rôle éminent de la mutualité en matière de prévoyance sociale, due à l’initiative du Ministre d’Etat, Président du Gouvernement de l’époque, Monsieur Paul Eyschen. Il faut relever que Monsieur Eyschen a déjà combattu en 1887 pour l’idée mutualiste dans le pays. Par un Arrêté grand-ducal du 22 juillet 1891 fut créée la « Fondation Grand-Duc Adolphe » pour favoriser en général les sociétés de secours mutuels reconnues. Un capital de vingt-cinq mille francs fut mis à disposition en vue de distribution à titre de prime ou de subsides aux sociétés mutualistes les plus méritantes. Un deuxième Arrêté grand-ducal, daté également du 22 juillet 1891, a déterminé le règlement des sociétés de secours mutuels. Notons encore que le 20 août 1891 Monsieur Ed. Metz, fut nommé président et Monsieur J.-P. Kirsch, secrétaire de la Commission supérieure d’encouragement des sociétés de secours mutuels.

Par un Arrêté grand-ducal du 21 juin 1893 portant sur la « Fondation Grand-Duc Adolphe, le capital de vingt-cinq mille francs est porté à cinquante mille francs.

Au Mémorial N°47 du 13 septembre 1893, un Arrêté grand-ducal du 31 aout 1893 stipule les sociétés de secours mutuels actuellement reconnues :

 la société des instituteurs du Grand-Duché de Luxembourg, le Luxemburger Sterbekassen-Verein, la société des ouvriers de Differdange, la société des secrétaires communaux du Grand-Duché, la société des institutrices du Grand-Duché, la société des ouvriers gantiers de Luxembourg-Bonnevoie, la société des ouvriers et artisans à Rodange et la société italienne de secours mutuels à Esch-sur- Alzette.

Au Mémorial du 21 décembre 1895 on précise le nombre de 37 Caisses de secours avec un total de 5.902 membres affiliés.

En 1900 la loi du 11 juillet 1891 fut complétée par la loi du 14 février portant sur la réglementation des Sociétés d’épargne. Par cette loi elles ont obtenu les mêmes droits et privilèges que les sociétés de secours mutuels

Par un Arrêté grand-ducal du 17 avril 1900 la « Fondation Grand-Duc Adolphe» distribue une somme de 7.300 francs de primes à 17 sociétés de secours mutuels méritantes.

La loi du 31 juillet 1901 sur l’assurance maladie et l’assurance accidents obligatoire des ouvriers, constitue la première pierre de l’édifice de la sécurité sociale luxembourgeoise. Désormais, les sociétés de secours mutuels auront pour rôle de compléter l’action des caisses de la sécurité sociale.

En 1908 fut autorisé par Arrêté grand-ducal du 25 février la « Fondation Grand-Duc Guillaume» ayant pour but le développement des sociétés de secours et des institutions similaires.


Au fur et à mesure tous les groupes socioprofessionnels de notre population ont été dotés de régimes de sécurité sociale obligatoires. Après l’instauration de ces institutions sociales le Directeur général de l’Agriculture, de l’Industrie et de la Prévoyance Sociale Monsieur Raymond de Waha était d’avis que le subside accordé jusque-là aux différentes sociétés de secours mutuels pouvait être réduit. C’est ainsi que dans le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 1924, le crédit relatif à ces subsides fut ramené à 25.000 francs contre 58.200 francs distribués en 1923.

Notons encore qu’en 1936 les Directions générales deviennent des Ministères.